Tour du Toubkal 1/3

Fin avril, nous sommes partis randonner une semaine au Maroc avec nos compagnons d’aventure Cécile et Pascal. Après les émotions de la Haute Route, nous avions prévu une semaine de randonnée pas trop intense (sic). Enfin, ça c’était sur le papier.

 

Tour du Toubkal, day 1 !

Aéroport de Marrakech : nous retrouvons Pascal et Cécile à peu près à l’heure prévue et découvrons les négociations à la marocaine (spoiler : aucun de nous 4 n’est très bon à ça). Enfin, on trouve un taxi pas aimable pour nous emmener jusqu’à Imlil, à 70km de Marrakech, pour un prix beaucoup trop élevé.

Après un tajine délicieux, nous sommes fin prêts pour entamer notre semaine de marche ! Les gourdes sont pleines, on a de quoi manger pour quelques jours et de l’essence pour faire fonctionner le réchaud à essence prêté par des amis genevois (les cartouches de gaz compatibles avec nos réchauds sont introuvables au Maroc). Nous voilà partis, au milieu des “Tu vas où ?” “Tu dors où ?” “Tu veux un guide ?” incessants des hommes croisés lors de toute cette première demi-journée de marche. Nous passons un premier petit col après 600m de dénivelé, histoire de se mettre gentiment dans l’ambiance.

Premier aperçu des cimes

Et premier aperçu des villages berbères

Le ciel est chargé et nous arrivons à notre étape du jour, Tacchedirt (2300m) à la tombée de la nuit. Heureusement, un habitant nous amène jusqu’au point de camping possible et nous propose un tajine et un thé à la menthe pour le dîner, ce que nous acceptons avec plaisir. Pendant que Victor part avec notre pote berbère chercher le dîner, Pascal essaye sans succès de faire fonctionner le réchaud à essence. Comme le dîner arrive, on se dit qu’on réessaiera le lendemain. Victor a pu prendre quelques infos sur notre programme du lendemain. D’après les locaux il y a de la neige jusqu’au cou au col que l’on veut passer, mais avec un guide ça passe. Très bien. On verra donc demain si ça passe sans guide.

 

Tour du Toubkal, day 2

Malgré un réveil humide au milieu de la nuit car un ruisseau a décidé de se mettre à couler sous notre tente (Victor a peu apprécié le réveil en fanfare pour déplacer la tente), nous passons une bonne nuit.

Vous voyez la flaque ? C’est là que se trouvait notre tente jusqu’à 4h du matin

La vue au réveil

C’est le printemps !

Le café du matin est très décevant car malgré nos efforts, le réchaud refuse de fonctionner sans pisser de l’essence par tous les points de fuite possibles… On remballe donc le réchaud en se disant qu’on réussira bien à le faire fonctionner le soir (spoiler alert : nope !). Ce matin, les choses sérieuses commencent : premier col à 3555 m, le Tizi Likemt.

Vue sur la vallée

Un chouette pierrier de bon matin, ça fait toujours plaisir

On prend de la hauteur

Mais on n’est pas rendu…

Le début n’est pas désagréable, puis le temps se couvre et nous nous retrouvons finalement dans une purée de pois. Vers 3000m d’altitude, le névé devient permanent. On n’est pas au top entre l’effort physique et l’altitude. Je dégaine le piolet. Malgré notre rythme lent, nous rattrapons deux randonneurs, dont l’un à l’air de sacrément galérer. On hésite une ou deux fois à chausser les crampons mais à part une ou deux plaques un peu gelées, la neige accroche bien. La montée au col dans le brouillard est interminable et on en bave physiquement. L’arrivée au col est un vrai soulagement, car Pascal est au bord du malaise. On profite d’un panorama ennuagé sur les montagnes alentours.

Quelque part pendant la montée…

Pique-nique au Tizi Likemt

Côté descente, le ciel est dégagé

Les deux randonneurs nous recroisent au col où nous faisons une pause pique-nique. Ils sont tchèques et l’un d’eux à l’air de faire ce trek régulièrement. Lui ne pense pas pouvoir passer le deuxième gros col du circuit avec son compagnon en galère mais nous dit qu’avec crampons et piolet, ça devrait le faire. La descente vers l’azib Likemt est facile et agréable. Quelques glissades dans les névés avec les crampons puis on rejoint la rocaille.

Down we go

On commence à repérer quelques abris

Le bivouac n’est plus très loin

Juste une rivière à traverser !

Vers 17h, on se trouve un beau coin de bivouac. Personne à des kilomètres à la ronde à part 2 ou 3 bergers et une fin de journée ensoleillée. On n’est pas malheureux. Enfin, on serait quand même plus heureux si ce foutu réchaud voulait bien fonctionner… Bilan de la soirée : 1 litre d’eau chaude à peine bouillie grâce à Victor qui a fait des manips pendant 20 minutes pour récupérer l’essence qui fuyait lors de l’utilisation du réchaud. Miam, une purée tiedasse : parfait pour récupérer de notre journée !

Heureusement, le camping est tranquille !

Tour du Toubkal, jour 3 :

Aujourd’hui, la journée va être longue car nous sommes plus lents que prévu et avons pris du retard hier.

Opération laçage des chaussures avant le départ

La première partie de la journée se passe dans un petit canyon, en remontant un torrent.

Evidemment, on commence par une montée

Et un petit col

Tout ça pour mieux redescendre

Ca mérite une petite photo !

Le décor est très beau : un torrent agité, des roches colorées et 2 bergers croisés sur leur mule, ce qui ajoute un côté pittoresque à la randonnée, d’autant plus que nous sommes vraiment au milieu de nulle part.

Décor minéral

Il ne fait pas assez chaud pour la baignade, mais c’est bien joli

Nous faisons une pause déjeuner juste avant le col du Tizi n Ourai, ce qui nous offre 200m de dénivelé juste après manger pour atteindre les 3100m du col.

La descente se fait dans le brouillard, tout d’abord sous quelques flocons, puis au fur et à mesure que l’on perd de l’altitude, sous la pluie.

Les chèvres jouent à cache-cache entre le brouillard et les rochers

Un moment d’éclaircie (à gauche, la vallée que nous devrons remonter plus tard)

Nous arrivons finalement à Amsouzart après un peu plus de 1300m de descente. Il nous faut trouver un endroit pour nous ravitailler, ce qui n’est pas évident au premier abord. La ville est sale, on croise un ruisseau jonché de détritus et un petit tas de déchets qui se consume, au milieu du village. On trouve finalement un gîte qui fait aussi restaurant et en profitons pour prendre un thé à la menthe et voir ce que l’on peut acheter comme vivre. Bilan du butin : de l’eau bouillante pour le thermos, 5 tomates et 4 gros pains marocains, plus un thé à la menthe sur place, pour la somme extravagante de 10€ (car nous n’avons pas de petite monnaie…). C’est pas l’affaire du siècle, mais ça va quand même nous permettre de manger pendant les 2 prochains jours, donc on est plutôt content. Là où on est moins content, c’est qu’il faut repartir, en direction du nuage de pluie, pour 700m de dénivelé jusqu’au lac d’Ifni. La vallée a beau être plus isolée (du moins à cette saison) que celle de Tacchedirt, on se fait à nouveau alpaguer tous les 100m pour aller dormir chez quelqu’un. La montée est interminable, quelques faux sommets jouent avec notre résistance, mais nous finissons par arriver au lac d’Ifni alors que l’orage gronde un peu plus loin sur les montagnes.

On croise des villages et des cultures en terrasse

Entre les gouttes, un peu de couleur

Pas de chance, nous sommes en fait environ 100m au-dessus du lac, sans accès à l’eau ; le point de bivouac classique est de l’autre côté, à environ 1h de marche encore et nous n’avons presque plus d’eau. Par contre, nous trouvons un abri avec “salle à manger” et “chambre” pour nous installer, ce qui nous permet de rester au sec et à l’abri de l’orage. Nous votons donc pour rester ici et se rationner en eau jusqu’au matin. Le thermos d’eau bouillante nous permet de nous gaver de semoule et les tomates sont bien agréables. Et même si la “chambre” est un tantinet glauque, nous y sommes à l’abri des rafales de vent qui rugissent une bonne partie de la nuit.

La « salle à manger »

Le mini buisson tout sec posé dans le foyer a flambé en environ 10 secondes en enfumant toute la pièce

Bonne nuit !

Suite au prochain épisode !

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1 réponse

  1. Cécile dit :

    Bravo pour ce récit bien agréable à lire pour revivre nos aventures !

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