A la table du Mont Arthur

Le week-end dernier était un week-end prolongé pour cause de Labour Day (fête du travail – non, on ne fête pas le 1er mai en NZ). Après une semaine anxieuse à scruter les prévisions météo qui sont passées par tous les états, nous nous décidons pour une escapade dans le Kahurangi National Park avec un couple d’amis (voir la note *potins*ci-dessous).

*Potins* Grâce aux talents d’entremetteur de Victor, un de ses collègues (Mat) est désormais en couple avec une des filles de notre équipe d’ultimate (Harriet). Ils se sont rencontrés dans l’équipe de « social league » que Victor a monté et paf, un ragot tout frais !

Vendredi après-midi, nous prenons donc la route tous les quatre pour une « tramp » de trois jours comme on dit ici. Dans d’autres pays anglophones, le mot « tramp » signifierait « clochard ». Quand on voit notre état au bout des trois jours, on commence à comprendre le rapport…

Au programme, une version rallongée d’une boucle classique : le Mount Arthur Tableland (le plateau du Mont Arthur). Départ de Flora Carpark, disgression pour atteindre le sommet du Mt Arthur puis boucle par le lac Peel avec une nouvelle disgression jusqu’au sommet du Mt Peel ; un total de 53km en trois jours.

Petit plan

Petit plan

Nous passons la première nuit dans un petit camping du DOC au bord de la route. Nous y avions déjà passé une nuit lors de notre road-trip d’un mois et avions fait connaissance avec les sandflies pour la première fois. Nous plantons nos deux tentes (oui, avec deux passagers, nous ne pouvons pas transformer la voiture en mode van et nous avons donc opté pour la version tente) et passons une nuit fraiche.

Samedi matin, il nous reste encore 1h30 de route avant de rejoindre le début de la randonnée et nous entamons notre circuit sur les coups de 10h30. Après une première partie facile en forêt, la vue se dégage et la pente s’accentue.

Premier objectif en vue : le Mt Arthur

Premier objectif en vue : le Mt Arthur

Ça grimpe

Ça grimpe

Derrière nous : la crête qui nous fera bien transpirer plus tard dans la journée

Derrière nous : la crête qui nous fera bien transpirer plus tard dans la journée

En Terre du Milieu

En Terre du Milieu

Nous arrivons à l’intersection entre notre circuit et le sentier pour atteindre le sommet du Mt Arthur et en profitons pour laisser nos sacs. Il est midi passé, on prend quelques fruits secs et barres de céréales dans les poches et partons à l’assaut du sommet.

Le décor devient plus minéral

Le décor devient plus minéral

On se rapproche

On se rapproche

La dernière partie du dénivelé a raison d’Harriet qui n’est pas rassurée sur les derniers névés. Mat reste avec elle et alors que je m’interroge sur la sagesse d’atteindre le sommet, Victor a déjà pris une avance confortable et je me décide à le rejoindre. Le dernier obstacle est un mur de neige quasi vertical et j’évite gentiment de penser à la descente qui suivra… Ca y est, nous voilà au sommet, à 1795m d’altitude, avec une vue panoramique sur Nelson et sa baie et sur le Kahurangi. La mer, la montagne, quelques névés : le tableau est superbe.

Sommet côté pile

Sommet côté pile

Sommet côté face

Sommet côté face

Mon estomac gargouille violemment et j’avale la moitié de ma barre de céréales en pensant à la descente qui m’attend. Finalement, nous descendons le raidillon comme une échelle grâce aux marches creusées par de précédents randonneurs (je m’aperçois au milieu de la descente que j’ai oublié de refixer mes guêtres, ce qui a un effet rafraichissant).

Je vais bien, tout va bien...

Je vais bien, tout va bien…

Panorama au sommet

Panorama au sommet

Nous retrouvons Harriet et Mat au niveau du « Winter Peak » et redescendons vers nos sacs et notre déjeuner.

Photo de groupe

Photo de groupe, avec la baie de Nelson en arrière plan

A 14h30, nous nous jetons sur notre pique-nique. Je sens que de notre côté, le cake aux olives va devenir un classique en rando ; par contre nous regardons avec une moue dubitative le wrap salami-Marmite de Mat (le fossé culturel…).

Lunch time !!

Lunch time !!

Bon, nous ne sommes pas en avance du tout. Nous repartons vers 15h avec encore un gros morceau devant nous : Gordon’s Pyramid. Elle n’est pas si haute cette pyramide avec ses 1489m d’altitude, le seul problème, c’est sa crête maléfique avec ses multiples ondulations qui nous cassent les jambes.

Les jolies reliefs du Mt Arthur

Les jolis reliefs du Mt Arthur

Au creux du vallon

Au creux du vallon, les mules avancent

Sur la crête aussi

Sur la crête aussi

Mt Arthur

Mt Arthur

Kahurangi National Park

Kahurangi National Park

Ça ondule gentiment

Ça ondule gentiment

En haut de cette fichue pyramide

En haut de cette fichue pyramide

Mt Arthur

Mt Arthur

Une fois en haut, le plus dur est passé, mais la descente n’est pas une partie de plaisir pour autant : raide et interminable ; l’arrivée dans les champs de tussocks, sur du plat est un soulagement.

Massif du Mt Arthur, en arrivant à Salisbury Lodge

Massif du Mt Arthur, en arrivant à Salisbury Lodge

J’arrive à Salisbury Lodge sur les rotules. Ce n’est pas notre objectif du jour : nous avons prévu de dormir à la hut suivante, et tant mieux car celle-ci est déjà bondée, malgré ses 22 couchages. La vue y est superbe et nous nous reposons quelques minutes avant d’attaquer les quatre derniers kilomètres, heureusement faciles.

Encore un effort !

Encore un effort !

A 18h30, un soupir de soulagement nous échappe à tous quand nous atteignons le refuge avec 22km dans les pattes. Il reste cinq places : parfait ! Quatre pré-adolescents mettent un peu d’animation dans les lieux… Nous passons une soirée agréable à discuter, préparer notre dîner et à 21h30 tout le monde est au lit.

A l’aube les cris perçants d’un weka réveillent tout le monde et quelques insultes fusent (au passage, je pense avoir entendu un kiwi lors de ma pause pipi nocturne)  ; puis à 7h, les voix mélodieuses et les pas délicats des quatre garçons rendent vaine toute tentative de grasse-matinée. Mais on a drôlement bien dormi, alors on ne se plaint pas. Nous revoilà sur le sentier avant 8h30, après un bon porridge au petit-déjeuner (Victor l’a même apprécié, comme quoi tout arrive !). Nous traversons quelques pans de nuages encore accrochés aux tussocks mais qui sont rapidement balayés par l’action conjuguée du soleil et d’un vent glacial.

Balloon Hut et le massif du Mt Arthur en arrière plan

Balloon Hut et le massif du Mt Arthur en arrière plan

Mt Arthur Tableland

Mt Arthur Tableland

Des tussocks et des montagnes à perte de vue

Des tussocks et des montagnes à perte de vue

Kahurangi National Park

Kahurangi National Park

Nous montons gentiment vers les abords du lac Peel et laissons nos sacs pour atteindre le sommet du même nom. Nous étions d’autant plus obligés de passer par là que c’est le nom de famille d’Harriet. (Victor a pu faire profiter tout le monde de ses talents de comique de répétition sur le sujet…)

Suivez les cairns

Suivez les cairns

En route pour les cimes

En route pour les cimes

Mt Peel summit

Mt Peel summit

Au sommet, une petite dépression nous permet de nous installer à l’abri du vent pour un moment de contemplation rêveuse. Nous voyons la distance parcourue depuis hier avec la chaine du Mt Arthur, l’immensité du Kahurangi National Park, le Cobb Reservoir, lac artificiel en forme de croissant et même la mer.

Pause avec vue

Pause avec vue

Brrrrrr

Brrrrrr

Il est temps de redescendre car la journée est loin d’être finie.

The hiiiiills are aliiiiive, with the sound of muuuuusiiiiiic

The hiiiiills are aliiiiive, with the sound of muuuuusiiiiiic

Panorama sur le lac Peel et la crête du Mt Peel

Panorama sur le lac Peel et la crête du Mt Peel

Mt Arthur Tableland

Mt Arthur Tableland

Nous nous arrêtons à côté du lac Peel pour déjeuner puis profitons de quelques heures de marche agréable dans les tussocks avec un beau panorama.

Lake Peel

Lake Peel

A la bouffe !

A la bouffe !

Salut beau gosse

Salut beau gosse

Petit ruisseau

Petit ruisseau

Contemplation

Contemplation

Reliefs escarpés

Reliefs escarpés

Réservoir Cobb

Réservoir Cobb

Cobb valley

Cobb valley

A, à, à la queue leu leu

A, à, à la queue leu leu

Puis nous nous enfonçons dans la forêt pour une partie longuette et moins intéressante. Le chemin me fatigue, je lutte pour avancer et je rêve d’un grand café. Notre objectif pour la nuit est un abri à même la roche, mais malheureusement, la place est déjà prise.

Swingbridge !

Swingbridge !

Surtout ne pas penser à ça

Surtout ne pas penser à ce fait divers

Gridiron rock shelter, où nous aurions bien aimé dormir

Gridiron rock shelter, où nous aurions bien aimé dormir

Escargot géant carnivore. Les copains ne voulaient pas me croire mais si si

Escargot géant carnivore (ou powelliphanta – espèce endémique)

Nous en avons déjà plein les jambes, mais nous devons nous replier sur notre solution de secours, 5km plus loin. Le mode robot est activé et même si personne ne se plaint, la fatigue est bien présente et le moral en a pris un petit coup (sauf Harriet qui est une vraie machine). L’arrivée à la hut est encore plus célébrée que la veille. Une famille occupe une moitié du refuge et nous avons une pièce pour nous. Un petit tour à la rivière pour se rafraichir les idées et faire un don du sang à nos amies les sandflies  puis nous allons préparer le dîner. Comme la veille, nous ne faisons pas long feu : les 26km du jour, je m’en souviendrai…

Lundi matin, j’ouvre les yeux à l’aube, réveillée par la douce cacophonie des oiseaux (il y en a BEAUCOUP dans le coin) et j’enfonce sans ménagement mes boules Quies dans les oreilles : faut pas rigoler ! Nous nous levons assez tard et paressons un peu sur les lieux : il fait encore beau et c’est drôlement agréable.

Flora hut : lieu "historique" datant de 1928

Flora hut : lieu « historique » datant de 1928

Pour cette dernière journée, nous pourrions rejoindre le parking en 30 minutes de sentier plat mais nous avons décidé de taquiner les flancs du Lodestone, petit sommet de moins de 1500m dont l’ascension fait sérieusement chauffer les mollets. Un peu plus d’une heure et quelques bonnes suées plus tard, nous voilà en haut pour profiter une dernière fois du spectacle. On voit l’intégralité du chemin parcouru ces deux derniers jours, c’est top.

Derniers mètres avant le sommet

Derniers mètres avant le sommet

La baie de Nelson

La baie de Nelson

On fait la sieste pendant qu'Harriet vide son sac pour trouver le chocolat (très important le chocolat)

On fait la sieste pendant qu’Harriet vide son sac pour trouver le chocolat (très important le chocolat)

Vue sur le Mt Arthur jusqu'au Mt Peel et au delà

Vue sur le Mt Arthur jusqu’au Mt Peel et au delà

Après une grosse pause, nous entamons la descente vers le parking. Le genou de Victor décide alors de se mettre en grève et il termine péniblement la rando.

Dernière vue d'ensemble

Dernière vue d’ensemble

Oui, c'est pentu...

Oui, c’est pentu…

Le Lodestone, vu d'en bas

Le Lodestone, vu d’en bas

Pique-nique au parking avec un weka qui n'est pas copain avec Mat

Pique-nique au parking avec un weka qui n’est pas copain avec Mat

Nous retrouvons finalement la voiture pour le long voyage retour vers Christchurch (5h quand même).

Maruia Falls, petite pause sur la route

Maruia Falls, petite pause sur la route

Le café, tant fantasmé la veille, est enfin à portée de main ! La route sous le soleil est vraiment superbe et je décide de mettre arbitrairement la petite ville de Murchison dans mon top 1 des bleds paumés. Sous le soleil, ce patelin est vraiment dans un endroit incroyable. Je n’ai pas de photo alors vous devrez me croire sur paroles.

Bonne journée !

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2 réponses

  1. Pascal dit :

    Tussocks *-*

  2. estelle dit :

    Oui, ça pourrait s’appeler Mt Arthur Tussockland aussi :p

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