Aller plus haut

On ne se l’est avoué que récemment, mais depuis que certaines personnes nous ont critiqué pour nos randos sur les « montagnes à vache », (https://www.on-the-road-encore.com/2015/04/20/not-all-those-who-wander-are-lost-mais-parfois-un-peu-quand-meme/#comment-999) l’idée d’aller plus haut nous a pas mal travaillés.
Il faut aussi dire que l’alpinisme demande pas mal de connaissances techniques, et que sans avoir fait de l’escalade avant on aurait été complètement perdus.

 

Donc c’est parti on se forme! On a un bel objectif pour cet été: une partie de la haute route de Chamonix à Zermatt avec les deux sus-cités, et il faut qu’on soit prêts.
La formation alpinisme du Club Alpin est trop rapidement complète, du coup on se rabat sur celle de l’UCPA à Chamonix. C’est l’occasion de faire un break de 4 jours, sans se soucier de l’organisation et en mettant les pieds sous la table. Au programme: Entrainement sur glacier, sur roche, escalade, et on finit par une course (https://fr.wikipedia.org/wiki/Course_en_montagne) facile de deux jours à Tête Blanche.

 

Le WE d’avant, deux amis du Frisbee nous proposent de faire une course+bivouac, qui part du même refuge que celui qu’on visait. C’est dommage de partir du même endroit, et surtout de faire plus difficile que la formation AVANT la formation, mais on ne peut pas résister et on est partis.

 

On prépare les sacs sur le Parking

Il fait déjà bien chaud dans la vallée et les sacs sont lourds, alors on triche un peu et on fait les 800 premiers mètres avec les remontées mécaniques.

On triche un peu pour la montée

Il nous reste un peu d’effort quand même pour arriver en refuge

Quelques manips de corde en attendant la soupe

Malgré le mauvais temps annoncé, le refuge est plein, et il y a aussi beaucoup de tentes autour de nous. Mais on a pris les meilleurs emplacements pour notre courte nuit, juste à côté du refuge. Il y a même une salle hors sac pour cuisiner dans le refuge, et éventuellement un refuge d’hiver.

C’est pas le pire endroit pour faire un bivouac

Le premier drame de la soirée ça sera Estelle qui vient me voir en me disant qu’elle a troué la tente toute neuve en mettant un coup de piolet dedans. Le deuxième drame de la soirée, c’est les orages. Du coup  il faut scotcher la tente en vitesse.
Le problème avec les orages c’est qu’on a pas envie de faire paratonnerre en brandissant notre piolet en haut de la montagne, et d’après la météo on a une très courte fenêtre pour aller au sommet le lendemain. Il fait aussi très chaud, et idéalement, il vaut mieux marcher sur la neige pendant que c’est encore de la neige.
Du coup on décide d’avancer le réveil à 2h30, pour être de retour à 11h.
Le réveil à 2h30 pour commencer sa randonnée, ça pique quand on est pas habitué. Les sacs sont déjà prêts, alors on a plus qu’à s’extirper des sacs de couchage, mettre le pantalon et la doudoune, manger une barre de céréales, et on commence à marcher.

Je mets mes lunettes dans la tente au réveil, avec le téléphone en mode selfie… Qui prend des photos tout seul.

En sortant de la tente, on voit bien l’orage qui gronde sur les Aravis, de l’autre côté de la vallée. Du coup on est assez inquiets pour la suite, mais on rejoint Alban et Véro à leur tente, et on décide de commencer à marcher quand même. Au final on sera trop inquiets, ou surpris par la nouveauté pour se sentir fatigués.
Au bout d’une demi-heure de marche, on arrive sur la glace et il faut s’encorder et chausser les crampons. Les cordées qui partent du refuge ont le petit déjeuner à 3h30, et on est sûrs d’être la première cordée. L’orage est toujours menaçant mais on décide de marcher Jusqu’à 4h pour voir si les groupes du refuge suivent où s’ils ont rebroussé chemin. C’est assez impressionnant de marcher sur la glace, seuls sur la montagne avec nos frontales avec un orage qui gronde au loin.
4h30 on ne voit toujours pas de signe que d’autres cordées nous ont suivis, et alors qu’on s’interroge sur le fait de faire demi tour on aperçoit enfin tout en bas une vingtaine de frontales à la file indienne.

« Attention à la crevasse ! »

En arrivant dans une impasse, on voit bien qu’il nous est désormais impossible de rejoindre le glacier du Tour pour aller sur l’Aiguille du Tour. On s’est trompés d’itinéraire et on arrive sur un sommet encore plus facile: tête blanche. C’est un peu décevant, mais vu l’état du ciel on est déjà heureux d’être arrivés quelque part.
On se rabat sur un petit sommet tout proche : petite fourche, dont l’accès est du rocher.

Heureux d’être au sommet de tête blanche :p

On découvre la progression encordée sur de l’alpinisme rocher pendant un petit moment avant que l’orage n’éclate et nous oblige à faire demi tour. Sur le chemin du retour on constate que la majorité des cordées ont fait demi tour au même moment. On arrive au refuge vers 11h du matin, le temps de plier la tente, et de se réchauffer avec un café.
Merci à Alban pour cette introduction!
Le WE suivant débute notre Stage UCPA à Chamonix. Notre groupe est constitué de 6 personnes et d’un guide qui restera avec nous les 4 jours.
Le premier jour, nous descendons sur la Mer de Glace pour apprendre les techniques de marche sur la glace.

Techniques de marche sur la mer de glace

Pour s’y rendre il faut prendre le petit train touristique, puis descendre pour rejoindre ce qui reste de la mer de glace. Le chemin reste assez dangereux et on s’encordera sur toute la progression.
Ça permet aussi de se familiariser avec le groupe. Un couple de Parisiens et celui qu’on nommera plus tard le boulet de service s’encordent avec le guide, tandis que Camille Estelle et moi formons une deuxième cordée. Camille a déjà une bonne expérience d’alpinisme (le Mont-Blanc en particulier), et tout le monde se demande ce qu’elle fait là.
Arrivés en bas, notre Boulet fait tout pour gagner son titre: après 30mn de marche sur la glace, il se rend compte qu’il n’a plus la corde… On la retrouve heureusement posée par terre là où on s’était désencordés.

Presque de la cascade de glace

Le deuxième jour, nous travaillons la progression sur la glace, proche de la petite Aiguille Verte. La vue est magnifique mais le glacier fait peur. Tout le groupe pousse pour que nous fassions quelque chose de plus difficile que la veille. Le guide cède et nous ferons un bout de la petite Aiguille Verte, puis une course mi-glace mi-rocher sur les grands Montets.

L’ Aiguille Verte et les Drus

 
Le troisième jour c’est introduction à l’escalade, puis montée au refuge Albert Ier. Mais avant de partir, nous sommes 4 à vouloir profiter au max de notre pass remontées mécaniques, et nous prenons la première benne pour l’Aiguille du Midi à 6h du matin.

La vue à 3800m d’altitude

La suite ressemble beaucoup au WE précédent: montée à Albert Ier (cette fois ci on dort au chaud!), puis départ pour l’Aiguille du Tour. On a réussi à convaincre le guide de faire cette course plus difficile plutôt que tête blanche et on est bien contents de ne pas faire deux fois la même.
Cette fois-ci nous partons beaucoup plus tard: vers 5h30, et de nombreuses cordées sont devant nous. Le glacier a perdu toute sa neige en une semaine c’est aussi très impressionnant.

Les autres cordées se préparent

Vue sur le Chardonnet

On progresse encore une fois avec notre cordée de trois (Camille Estelle et moi), en alternant la personne en tête. Cette fois ci on ne rate pas le couloir qui permet de monter au sommet.

Heureux alpinistes

Une fois esquivés tous les groupes, on se fait une place au sommet pour la photo de groupe.

Toute la troupe au sommet

On était très heureux de notre WE, et surtout on a eu l’impression d’apprendre plein de choses. 4 jours avec le même guide nous ont aussi permis de lui poser toutes les questions préparatives pour la haute route et d’avoir de l’expérience sur tout type de terrain. Prochaine étape: une course juste tous les deux.

Il n’y a plus qu’à redescendre

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1 réponse

  1. Pascal dit :

    Ben dis-donc, effectivement, le glacier au dessus d’Albert I m’a l’air très dégarni par rapport à mon souvenir…

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